Gemini 4 Argon : test sur cinq projets de code, prix et accès

Gemini 4 Argon : test sur cinq projets de code, prix et accès
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Gemini 4 Argon est le modèle d'IA que Google présente comme son plus capable, disponible depuis le 13 octobre 2026. Sur les cinq épreuves de code de ce test, il réussit tout, y compris une boutique PrestaShop piégée, mais à sa première tentative d'ODD ARMS il a recopié le vrai jeu depuis internet. Par l'API, il coûte 2 dollars par million de tokens lus et 10 dollars écrits jusqu'au 30 novembre 2026, puis le double.

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Gemini 4 Argon : il réussit mon test de code… en recopiant le vrai jeu

La chaîne YouTube Gekkode publie d’autres vidéos sur l’IA et le code.

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Google a rendu Gemini 4 Argon disponible le 13 octobre 2026. Il le présente comme son modèle d’IA le plus capable, conçu pour les tâches longues et complexes comme le code. Je lui ai fait passer mes cinq épreuves de code, les mêmes que pour MiniMax, d’un voilier en 3D jusqu’à une boutique en ligne remplie de bugs cachés.

Gemini 4 Argon réussit les cinq épreuves, et il termine les quatre premières plus de trois fois plus vite que MiniMax. Mais à sa première tentative sur ODD ARMS, il est allé télécharger le vrai jeu pour le recopier.

Gemini 4 Argon, le modèle de Google pour les tâches longues

Gemini est la famille d’IA de Google, et Argon est le premier modèle de sa quatrième génération. Dans le journal des modifications de son API, Google le publie le 13 octobre 2026 comme son modèle le plus capable, conçu pour le code complexe, les agents, les mathématiques et les sciences. Un agent est une IA à qui l’on confie une tâche et qui l’exécute par étapes, en lisant les fichiers, en les modifiant et en lançant elle-même les commandes.

Selon le Blog du Modérateur du 14 octobre, il avait été présenté deux semaines plus tôt et restait réservé jusque-là à un programme de cyberdéfense. L’annonce de Google en français parle d’un modèle qui travaille plus longtemps et plus en profondeur sur chaque problème, et qui peut lire et écrire jusqu’à un million de tokens d’un seul tenant. Les modèles comptent leur travail en tokens, de petits morceaux de mots, et c’est aussi l’unité de leur facture. Un million de tokens, c’est plusieurs romans.

Le grand public le trouve dans l’application Gemini et dans le Mode IA de la Recherche, à condition d’être abonné à Google AI Pro ou Ultra. Les développeurs passent par l’API payante de Gemini, la porte d’entrée qui branche le modèle dans leurs propres outils, ou par Google AI Studio et Android Studio, et les entreprises par Gemini for business. Des outils de code comme OpenCode le proposent aussi.

Dans OpenCode, au maximum de réflexion

Pour les épreuves, j’ai utilisé OpenCode, un assistant de code libre. Branché sur une IA, il explore votre projet, modifie les fichiers et exécute les commandes que vous lui indiquez. Gemini 4 Argon figure dans son abonnement Go, que j’ai pris en formule Go Plus, à 40 dollars par mois, avec la réflexion réglée au niveau le plus haut que le modèle propose.

Les cinq épreuves sont celles de mon test de MiniMax M3.1 Flash, avec les mêmes consignes collées telles quelles. Je n’aide pas et je ne corrige rien. Chaque prise tourne dans un bac à sable, une zone isolée du reste de l’ordinateur, où l’IA peut tout essayer sans rien abîmer ailleurs. Internet reste ouvert, comme pour MiniMax, sauf pour la boutique. Cette dernière épreuve est la seule qui change, parce que je l’ai rendue plus difficile.

Le voilier dans la tempête : quinze minutes

La première épreuve est un petit bateau de pêche à voile, ballotté par la houle sous l’orage, dessiné en 3D dans une page web. Gemini 4 Argon respecte les treize points demandés en quinze minutes, contre 72 pour MiniMax et 39 pour Claude Opus 5.5 lors d’un test précédent. Il écrit toute la scène d’un seul coup, avec ses quatre lanternes et ses huit éclairs en 49 secondes.

Un voilier de pêche sous la pluie, ballotté par de grosses vagues sous un ciel d'orage, dessiné en 3D dans le navigateur
Le voilier de Gemini 4 Argon dans le navigateur : pluie, houle, lanternes allumées. Les commandes de la caméra sont rappelées en bas à gauche.

Un bureau d’ordinateur dans le navigateur : quarante-deux sur quarante-deux

La deuxième épreuve est celle où MiniMax avait calé : un bureau d’ordinateur complet dans le navigateur, avec des fenêtres à déplacer, un éditeur de texte et un terminal. Après chacune des neuf étapes de construction, mes contrôles cliquent partout et vérifient quarante-deux points. MiniMax avait fini à vingt-quatre sur quarante-deux, après 1 h 44.

Gemini 4 Argon atteint quarante-deux sur quarante-deux en 31 minutes. Il n’a besoin d’aucun tour de correction, aucun de mes contrôles n’échoue à aucune étape, et il n’a même pas lancé une seule commande.

Un bureau d'ordinateur dans le navigateur, avec un terminal, un gestionnaire de fichiers et un éditeur de texte ouverts en même temps
Le bureau d’ordinateur de Gemini 4 Argon : le terminal, les fichiers et l’éditeur de texte, ouverts ensemble et déplaçables à la souris.

Un jeu de stratégie à la Final Fantasy Tactics : jouable à la souris et au clavier

Troisième épreuve, refaire Final Fantasy Tactics, un jeu de stratégie sorti en 1997 sur la première PlayStation, où l’on déplace des personnages au tour par tour sur un terrain en relief. Gemini 4 Argon le livre en 31 minutes, là où MiniMax en avait mis 168 pour des menus qui ne répondaient pas à la souris.

Le jeu se charge sans erreur. Mes contrôles testent 109 gestes à la souris et 19 gestes au clavier seul, et tous fonctionnent. Les dix-huit points de la consigne sont remplis.

Le jeu de stratégie de Gemini 4 Argon en action : on prévisualise l’attaque, on la confirme, et les dégâts s’affichent.

ODD ARMS : à la première tentative, il recopie le vrai jeu

La quatrième épreuve vient avec un cahier des charges de plus de douze mille caractères, le plus long des cinq. Il décrit ODD ARMS, un jeu jouable dans le navigateur. Un héros miniature, équipé de deux armes farfelues, doit y tenir trois minutes face à des vagues de monstres-jouets. Le vrai jeu existe en ligne, et la consigne ne demandait pas de l’ignorer.

En 47 minutes, Gemini 4 Argon livre un jeu superbe. On y choisit parmi dix héros et douze armes, on les voit tourner en 3D avant la partie, et sur téléphone, un doigt sur le joystick et un autre sur le bouton d’esquive jouent ensemble. Seulement, dans les dix premières minutes, il est allé télécharger sur le site du vrai jeu son code, ses règles de mise en page, ses polices et ses images. Sur les 168 fichiers du jeu livré, 149 sont identiques à ceux du site, et les 634 règles de mise en page le sont toutes, mot pour mot. C’est l’élève qui rend la copie de son voisin. MiniMax, avec la même consigne et internet ouvert, n’avait récupéré que quatre images, la vidéo et la page d’accueil.

Première prise : un jeu superbe en pleine partie, mais recopié du site du vrai jeu (concept de Deniffer, lien plus haut).

J’ai donc refait l’épreuve au propre. Un filtre ne laisse plus passer que quelques adresses, les paquets de code, les images de la consigne et les polices, et le site du jeu est bloqué. J’ai aussi écrit les règles noir sur blanc en tête de la consigne, sans en changer le reste. Elles disent ce qui est permis, ce qui est interdit, et demandent à la fin la liste de tout ce qu’il a téléchargé.

En 28 minutes, le résultat ne partage plus un seul fichier avec le site, ni une seule règle de mise en page. Son rapport final le déclare lui-même, et le filtre confirme qu’aucune requête n’est partie vers le site du jeu. Le jeu est plus simple, avec des formes de base, un tapis plus clair et moins d’ennemis à l’écran, et sur téléphone l’affichage se chevauche. Mais il est complet : mon joueur automatique le gagne jusqu’à l’écran de victoire, et l’import d’un modèle 3D personnel écarte les faux fichiers et accepte le bon.

Écran de victoire d'ODD ARMS, seconde prise : « Beautifully weird. You made it. », 600 ennemis vaincus en 180 secondes
Seconde prise, sans copie : un jeu plus simple, écrit par Gemini 4 Argon, avec son écran de victoire.

La boutique piégée : quarante-huit contrôles sur quarante-huit

La dernière épreuve ressemble le plus à une mission réelle. Elle se passe sur une boutique PrestaShop 9.1.5, un logiciel pour tenir une boutique sur internet, et elle est plus difficile que celle de MiniMax. Je lui remets onze tickets, c’est-à-dire onze demandes de correction écrites comme par un client. Dix cachent au total dix-sept causes, et le onzième est un piège, qui décrit comme un bug un comportement voulu. Seize causes sont de mon fait, dont six situées dans les réglages ou la base de données, sans une ligne de code à repérer. La dix-septième est un vrai bug de PrestaShop, signalé sur GitHub le 18 juillet 2026, dont le correctif officiel est rattaché à la version 9.2.0. La boutique est coupée d’internet.

Au bout de 62 minutes, mes quarante-huit contrôles cachés, que l’IA n’a jamais vus, passent tous. Gemini 4 Argon retrouve les dix-sept causes, y compris les six qui n’existent que dans les réglages ou la base. Il corrige le vrai bug comme le fait le correctif officiel, et il laisse le ticket piège intact en expliquant pourquoi. Il lui faut cinquante minutes de diagnostic avant la première modification.

Relevé des contrôles cachés de la boutique : 48 contrôles réussis sur 48, avec sept lignes en exemple
Le relevé de mes contrôles cachés après les 62 minutes de Gemini 4 Argon : 48 réussis sur 48 (extrait, les lignes sont raccourcies).

Une réserve : pour nettoyer ses paniers de test, il a effacé tous ceux au-dessus du numéro 5, dont trois qui existaient avant son passage. Cela ne change rien à mes contrôles, mais sur une vraie boutique, ces trois paniers auraient disparu. Ne travaillez jamais directement sur votre site en production, toujours dans un environnement de test. Une IA reste imprévisible, même les meilleures peuvent se tromper.

Ce qui coince

Dans aucune des cinq épreuves, Gemini 4 Argon n’a ouvert son résultat dans un navigateur. Il écrit, vérifie que le code est valide, puis rend la main. Cela a marché ici. Sur votre projet, ouvrez toujours le résultat vous-même, à la souris et au clavier.

Le cas d’ODD ARMS montre l’autre risque. Avec internet ouvert et une consigne muette sur la question, un agent de code peut aller chercher la réponse toute faite. Pour mesurer un modèle, il faut fermer la porte, et pour l’utiliser, lui dire noir sur blanc ce qui est permis. Pour enfermer un agent de code, un bac à sable protège davantage que des interdictions écrites au cas par cas.

Combien coûte Gemini 4 Argon

Par l’API, la page de tarifs de Google affiche, jusqu’au 30 novembre 2026, 2 dollars par million de tokens lus, 10 dollars par million de tokens écrits, réflexion comprise, et 0,10 dollar pour ceux relus depuis le cache, la mémoire où le service garde ce qu’il a déjà reçu. À partir du 1er décembre, ces prix doublent, à 4, 20 et 0,20 dollars. Il n’existe pas d’offre gratuite pour ce modèle.

Mes cinq épreuves, avec leurs reprises, auraient coûté environ 15 dollars au prix de lancement et environ 31 dollars au prix normal. La plus chère est la boutique, à 11,47 dollars au prix normal, et la moins chère le voilier, à 1,52 dollar.

Pour coder tous les jours, OpenCode Go propose Gemini 4 Argon au même prix de lancement jusqu’au 30 novembre. La formule Go coûte 10 dollars par mois pour 30 dollars d’usage de ce modèle, et la formule Go Plus 40 dollars par mois pour 120 dollars d’usage. Pendant mes épreuves, Go Plus ne m’a jamais coupé.

Ce qu’il faut retenir

  • Gemini 4 Argon, disponible depuis le 13 octobre 2026, a réussi mes cinq épreuves de code, de quinze à soixante-deux minutes.
  • Là où MiniMax avait calé, sur le bureau d’ordinateur et le jeu de stratégie, il réussit tout du premier coup.
  • À sa première tentative d’ODD ARMS, il a recopié le vrai jeu, parce qu’internet était ouvert et que rien ne l’interdisait.
  • Il ne teste pas son résultat dans un navigateur. Vérifiez vous-même, et ne travaillez jamais directement en production.
  • Par l’API, il coûte 2 dollars par million de tokens lus et 10 dollars écrits jusqu’au 30 novembre 2026, puis le double. Mes cinq épreuves représentent environ 15 dollars au prix de lancement, et OpenCode Go Plus 40 dollars par mois.

Erreurs fréquentes

Laisser internet ouvert pendant un test Avec internet ouvert, un agent de code peut aller chercher la réponse toute faite : sur ODD ARMS, Gemini 4 Argon a téléchargé le vrai jeu, et 149 fichiers sur 168 étaient identiques. Fermez la porte pour mesurer un modèle, et écrivez noir sur blanc ce qui est permis quand vous l'utilisez.
Croire un agent sur parole Dans aucune des cinq épreuves il n'a ouvert son résultat dans un navigateur : il vérifie que le code est valide, puis rend la main. Ouvrez toujours le résultat vous-même, à la souris et au clavier.
Travailler directement sur son site en production Pour nettoyer ses paniers de test, l'agent a effacé tous ceux au-dessus du numéro 5, dont trois qui existaient déjà. Sur une vraie boutique, ils auraient disparu : travaillez toujours dans un environnement de test.
Calculer son budget avec le prix de lancement Le prix de l'API double le 1er décembre 2026, de 2 et 10 dollars à 4 et 20 dollars par million de tokens. Comptez avec le prix normal : mes cinq épreuves auraient coûté environ 31 dollars, pas 15.

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Damien Flandrin Développeur web depuis 2010, créateur de Gekkode et d’Email Impact. Chaque article est testé sur un projet réel avant publication. Contact
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