
MiniMax M3.1 Flash est le modèle d'IA rapide et économique de MiniMax, sorti le 19 octobre 2026 et gratuit pour une durée limitée dans OpenCode, sans compte. Sur nos cinq épreuves, il a corrigé les onze bugs d'une vraie boutique PrestaShop, mais livré un jeu tactique injouable à la souris et un faux Linux cassé par sa dernière correction. Au tarif officiel, les cinq tests auraient coûté environ 4,40 dollars.
MiniMax M3.1 Flash testé : j'ai caché 11 bugs, il les a tous corrigés
La chaîne YouTube Gekkode publie d’autres vidéos sur l’IA et le code.
S’abonner pour soutenir la chaîneLe 19 octobre 2026, MiniMax a sorti M3.1 Flash, un modèle d’IA qui sait coder, et OpenCode l’a mis à disposition gratuitement pour une durée limitée, sans compte ni clé. Nous lui avons fait passer cinq épreuves filmées, du voilier en 3D à une vraie boutique en ligne piégée.
Le bilan tient en deux phrases. Pour réparer un projet existant, M3.1 Flash a corrigé les onze bugs d’une boutique PrestaShop en quarante minutes, sans internet. Pour créer de zéro, il construit vite, mais il faut vérifier derrière lui.
MiniMax, l’entreprise de Hailuo
MiniMax est une entreprise d’intelligence artificielle de Shanghai, fondée fin 2021. En France, on la connaît surtout pour Hailuo, son générateur de vidéos. M3.1 Flash est la version rapide et économique de son nouveau modèle de langage.
Dans son annonce du 19 octobre 2026, MiniMax promet un modèle près de trois fois plus rapide, et des tâches d’agent 70 % moins chères qu’avec son modèle précédent. Un agent est une IA qui enchaîne seule des actions, comme lire des fichiers, les modifier et lancer des commandes. M3.1 Flash garde aussi en tête un million de tokens, de quoi lire plusieurs romans d’un coup. Un token est un morceau de mot, l’unité que les modèles lisent et facturent.
Dans OpenCode, sans compte ni clé
OpenCode est un assistant de code open source : il lit votre projet, écrit les fichiers et lance les commandes à votre place. M3.1 Flash figure, pour une durée limitée, dans sa liste de modèles gratuits. Il suffit de le choisir, sans créer de compte ni saisir de clé.
La documentation d’OpenCode précise que le fournisseur de ce modèle ne garde pas vos données et ne s’en sert pas pour entraîner ses modèles. Ce n’était pas le cas de Big Pickle, l’ancien modèle gratuit, dont les données pouvaient servir à l’améliorer. La même page prévient que M3.1 Flash est gratuit pour une durée limitée, sans date de fin.
Cinq épreuves, toujours au maximum
Chaque épreuve a tourné dans un bac à sable, un conteneur Docker isolé du reste de l’ordinateur, comme une pièce fermée où l’IA ne peut rien casser d’autre. Le raisonnement était réglé au maximum, les consignes collées telles quelles, et personne ne l’a aidé en cours de route. Chaque échange avec le modèle a été compté.
Le voilier dans la tempête
La première consigne est celle de nos bancs d’essai précédents : un voilier de pêche sur une mer agitée, en pleine tempête, en 3D dans le navigateur. M3.1 Flash a coché les treize points de la consigne en 72 minutes. Claude Opus 5.5 avait mis 39 minutes, pour environ sept dollars facturés à l’usage. Ici, la facture était de zéro, et les deux scènes tournent aussi vite sur le même Mac.
Un Linux dans le navigateur : 41 sur 42, puis 24
Deuxième épreuve, la revanche de Big Pickle : un faux Linux complet dans le navigateur, avec un bureau, des fenêtres, un terminal et un éditeur. Après chaque étape, un robot clique partout et vérifie 42 points. Big Pickle avait fini à 41 sur 42.
Après les neuf étapes de construction, M3.1 Flash en est à 40. La dixième consigne lui demande de corriger, avec la liste des échecs, en trois tours au plus. Au premier tour, il passe à 41, le score de Big Pickle, en une heure et demie au lieu de deux. Il ne reste alors qu’un point, le redimensionnement des fenêtres.
Au deuxième tour, il le répare, et le score tombe à 24. À la plus petite taille de fenêtre qu’il a choisie, le chemin du dossier s’allonge et écrase la zone où l’on tape le texte, qui finit par faire zéro pixel de large. Le robot laisse justement la fenêtre à cette taille, et tous les contrôles qui passent par le terminal échouent. Avec la liste des dix-huit échecs sous les yeux, il ne trouve pas la cause. À taille normale, son Linux marche très bien.
Un Final Fantasy Tactics : complet, mais injouable
La troisième épreuve demande un clone jouable de Final Fantasy Tactics, le jeu de stratégie de 1997 sur PlayStation, avec son terrain en relief, ses tours, ses menus et ses règles. Deux heures quarante-huit plus tard, le champ de bataille est là, avec ses falaises, son eau et des menus bleus qui rappellent l’original.
Pour un prototype fait par une IA, le moteur est relativement complet par rapport au jeu de base. Chaque unité joue selon sa vitesse, un coup dans le dos fait plus mal, et les sortilèges prennent du temps à lancer : si la cible bouge, le coup est raté. L’interface pour se déplacer, en revanche, aurait pu être bien mieux faite.
Le vrai problème arrive au premier combat. Un clic sur « Déplacer » ne fait rien, le clavier marche. Dans le menu « Action », un clic sur « Attaquer » ne fait rien non plus, ni la touche Entrée, ni Échap. Le menu se redessine dès que la souris passe dessus, ce qui avale le clic, et le code ne prévoit aucune touche pour valider ce sous-menu. Un joueur ne peut tout simplement pas attaquer. Les propres tests de MiniMax passaient pourtant : ils appuyaient sur les boutons directement dans le code, jamais avec une vraie souris. Onze points de la consigne sur dix-huit sont remplis, quatre à moitié, et les deux qui manquent tout à fait sont justement ceux qui font un jeu.
ODD ARMS : le plus abouti, avec ses défauts
Quatrième épreuve, la consigne la plus longue, plus de douze mille caractères : ODD ARMS, un jeu de survie où un petit héros armé d’objets absurdes tient trois minutes face à des hordes de jouets. Deux heures dix-neuf plus tard, le jeu tourne, avec dix héros, douze armes, un aperçu en 3D et de vraies parties.
Les règles chiffrées de la consigne sont respectées, de l’encerclement de quinze ennemis toutes les 22 secondes à la limite de 180 monstres à l’écran. L’import d’un modèle 3D maison refuse un faux fichier et un fichier trop lourd, et accepte le bon. Sur téléphone, le joystick et le bouton de dash marchent en même temps. Mais les modèles 3D sont moches et bizarres, et le héros peut sortir de la carte en traversant les murs du plateau. MiniMax s’est arrêté là, sans aller plus loin.
La boutique piégée : 11 bugs sur 11
Dernière épreuve, la plus proche d’un vrai travail : une boutique PrestaShop, un logiciel de commerce en ligne de près de quarante mille fichiers. Nous y avons glissé dix bugs, et gardé un onzième, un vrai, signalé sur GitHub en juillet et toujours présent dans cette version. M3.1 Flash a reçu onze tickets écrits comme par un client, et la boutique était coupée d’internet.
Au bout de quarante minutes, il annonce les onze tickets corrigés. Nos dix-neuf contrôles cachés, un par bug et huit pour vérifier qu’il n’a rien cassé ailleurs, passent tous. Il a touché exactement les dix bons fichiers. Un prix affiché « 34,8 € » redevient « 34,80 € », la pagination retrouve sa troisième page, et un client ne peut plus ouvrir la commande d’un autre.
Deux réserves. Sept de ses corrections sont identiques, à la lettre près, au code d’origine. PrestaShop est public, et M3.1 Flash a pu apprendre ce code pendant son entraînement. Le vrai bug de GitHub, lui, est corrigé à sa façon, le correctif officiel couvrant en plus un cas rare sur les anciennes bases de données.
Ce qui coince
La passerelle gratuite n’est pas fiable. Sur les cinq épreuves, elle a flanché 72 fois sur environ 1 300 échanges. OpenCode relance tout seul, mais une fois, deux minutes et demie de réflexion sont parties à la poubelle.
Sur les gros projets, M3.1 Flash passe autant de temps à se tester qu’à réfléchir, et même plus sur le Linux. Surtout, il se teste mal. Son Linux passait tous ses propres tests en cassant la saisie, son jeu passait les siens sans jamais toucher la souris. Si vous l’utilisez, vérifiez vous-même avec une vraie souris et un vrai clavier, et prenez son « c’est fini, c’est testé » pour un brouillon. Pour enfermer un agent comme lui, mieux vaut aussi un vrai bac à sable qu’une simple liste de commandes interdites.
Combien coûte MiniMax M3.1 Flash
Hors OpenCode, le tarif officiel de l’API est de 0,15 dollar par million de tokens lus, 0,60 dollar par million de tokens écrits, et 0,015 dollar pour les tokens relus depuis le cache, c’est-à-dire déjà envoyés et gardés en mémoire. À ce tarif, nos cinq épreuves auraient coûté environ 4,40 dollars au total, de 0,28 dollar pour le voilier à 1,35 dollar pour le Linux. Presque tout passait par le cache, facturé dix fois moins cher.
Pour coder tous les jours, MiniMax vend aussi un abonnement, le M Plan, qui reprend l’ancien Coding Plan. Il coûte 22 dollars par mois en formule Go, 55 dollars en Explore et 132 dollars en Build, M3.1 Flash compris dans les trois. La clé de l’abonnement se branche dans OpenCode, Claude Code ou Cursor.
Ce qu’il faut retenir
- MiniMax M3.1 Flash, sorti le 19 octobre 2026, est gratuit pour une durée limitée dans OpenCode, sans compte ni clé, et son fournisseur ne garde pas vos données.
- Pour réparer un projet existant, il est bluffant : onze bugs sur onze dans une vraie boutique PrestaShop, en quarante minutes, sans internet.
- Pour créer de zéro, il construit vite, mais ses propres tests ne voient pas ce qu’un joueur voit : un jeu tactique injouable à la souris, un Linux cassé par sa dernière correction.
- Vérifiez toujours derrière lui avec une vraie souris et un vrai clavier.
- Au tarif officiel, nos cinq épreuves auraient coûté environ 4,40 dollars, et l’abonnement M Plan démarre à 22 dollars par mois.



